RURALITÉ et DÉFENSE DES SERVICES PUBLICS

RURALITÉ et DÉFENSE DES SERVICES PUBLICS

Régions & Peuples Solidaires - Union Démocratique Bretonne

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Pour l’égalité entre la Ville et la Campagne

 

Le dernier recensement confirme, une nouvelle fois, la concentration de la population française dans les grosses agglomérations urbaines. En France, la Région parisienne concentre la population, le pouvoir politique, et les finances au détriment des Régions. En Bretagne, les grandes villes comme Rennes et Nantes continuent de s’agrandir de plus en plus au détriment de l’Ouest breton et des communes rurales. Les élus urbains ont désormais plus de poids politique que les élus ruraux. Les financements publics sont majoritairement attribués aux villes.

 

Pour la défense des services publics !

 

Qu’en est-il de la Poste ? De la sécurité avec la Gendarmerie (1) ? Des services de la Banque ? Des services de Médecine ? Des Commerces de proximité ? Tout le monde connaît la réponse. Tant et si bien que désormais certaines communes rurales font appel  à l’intercommunalité pour financer un lieu de multiservices avec un petit commerce de proximité. Les fonds publics sont donc mis à contribution pour tenter de compenser le désastre social et culturel des grandes surfaces et de la concentration urbaine. Dans le domaine des nouvelles technologies, les handicaps des zones rurales s’aggravent encore davantage avec l’absence de réseau Internet haut-débit (2).

 

Hélas, nous ne sommes pas au bout du processus de désertification des zones rurales. L’ouverture à la concurrence des marchés publics au niveau européen va se poursuivre (3). De même, au niveau mondial, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) tente continuellement de privatiser toutes les activités humaines. Ajoutons à cela l’entière liberté juridique laissée aux multinationales de jeter à la rue du jour au lendemain des milliers de salariés qui se croyaient jusqu’alors à l’abri du chômage. Les licenciements massifs des entreprises de sous-traitance touchent aussi directement la vie des campagnes. Avec les délocalisations vers l’étranger, on assiste aussi à une reconcentration des emplois vers les grosses agglomérations urbaines (4).

 

(1) Gendarmerie : la  compagnie de Redon compte 68 gendarmes au lieu de 94. Pour la seule brigade de Redon, il manque 4 gendarmes sur 16, soit 25 % de l’effectif !

(2) Internet haut débit : avec Internet de nombreuses entreprises avaient fait le choix de s’installer à la campagne. Aujourd’hui, la Technologie de l’Information et de la Communication (TIC) a évolué et passe par des réseaux de fibres. Dans ce domaine 20% des investissements couvrent 80 % de la population. Par conséquent, les opérateurs n’investissent pas pour les zones rurales sans l’aide des collectivités locales. En 2005, 30 % du territoire ne sera pas encore équipé du réseau Internet haut débit ! D’ici là, bien des entreprises auront fait le choix de se délocaliser ou de s’installer là où les réseaux sont les plus performants.

(3) Poste : En 2003, le courrier de plus 150 gr sera soumis à la concurrence, et tout le courrier pourrait être concerné en 2009, entraînant de fait une moindre rentabilité des bureaux de postes ruraux. En zone rurale on compte un bureau pour 850 habitants, en zone urbaine un bureau pour 10500 habitants. Les zones rurales comptent 61 % du réseau postal, soit 10274 agences ou bureaux postaux. Qu’adviendra-t-il de ce réseau de service public ? Déjà, la poste d’Ille-et-Vilaine s’apprête à enlever des boîtes aux lettres des communes de moins de 2000 habitants.

 

 

IL FAUT RÉAGIR ! Non pas en préconisant un retour en arrière. Non pas en demandant le retour de l’Etat centralisateur et providentiel. Non pas en refusant l’Europe. Bien au contraire ! Il faut décentraliser encore plus les pouvoirs de décision. La régionalisation devient alors notre nouvelle chance pour la défense des services publics. La démocratisation de l’Europe peut nous permettre de bâtir l’Europe sociale et de faire face à la déréglementation de la mondialisation.

 

Défendre les valeurs de la nouvelle ruralité !

Les causes extérieures des inégalités entre Ville et Campagne et de la désertification des zones rurales sont très fortes. Mais il existe aussi des causes internes au monde rural lui-même. La greffe entre les nouveaux arrivants et les habitants de longue date n’a pas toujours pris. La culture populaire, l’environnement, le patrimoine, ne sont pas suffisamment mis en valeur. Et surtout, l’agriculture moderne, peu créatrice d’emplois, ne joue plus de rôle moteur et positif pour le développement de la vie des campagnes. Il faut donc se poser la bonne question : la ruralité aujourd’hui, c’est quoi ? La ruralité, pour quoi faire ? Et surtout prendre des mesures politiques fermes et courageuses pour défendre à la fois les qualités du monde rural et les droits aux mêmes services pour tous les citoyens.

 

C’est à dire :

-        Maintenir tous les services publics (poste, écoles, EDF, ...).

-        Instaurer une juridiction de maintien en zone rurale et de couverture universelle du territoire des entreprises privées de services publics (banques, réseaux de télécommunications  …).

-        Prendre des mesures fiscales favorables aux activités en zones rurales (commerces de proximité, restauration, PME, ... ).

-        Soutenir le tissu associatif (social, patrimoine, culture, sports).

-        Améliorer le cadre de vie par la qualité des paysages, la valorisation du bâti traditionnel, l’intégration paysagère des bâtiments d’exploitation.

-        Défendre l’environnement, la faune et la flore, par la reconstruction du bocage, la restauration des rivières et des zones humides, la qualité de l’eau.

-        Orienter la production agricole vers une agriculture paysanne intégrée aux circuits courts de transformation et de distribution commerciale.

-        Supprimer les départements au  profit des pays et des Régions.

-        Renforcer la régionalisation et démocratiser l’Europe pour contrebalancer les déréglementations mondiales et l’ouverture des marchés à la concurrence.


 

(4) Reconcentration des emplois : au niveau mondial, Mitsubishi supprime 1000 emplois à Etrelles au profit de son usine de téléphones portables de Chine, tout en ayant reçu 1,7 million d’euros de subventions des collectivités bretonnes. A Redon, l’équipementier automobile la Siebret supprime 153 emplois au profit de l’usine de Crévin plus près de Rennes, alors que PSA Peugeot Citroën a fait en 2001 ses plus gros records de bénéfices : 1,69 milliard d’euros ( 11 milliards de francs) !

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