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Le Télégramme 30-03-2008

Alors que l’Assemblée nationale doit examiner le projet de loi sur les OGM (*), à partir de mardi, la plus importante manifestation nationale du jour a réuni, hier, à Rennes plusieurs milliers de personnes venues défendre le droit à cultiver et manger autrement.





Les anti-OGM comptaient sur une démonstration de force pour mettre la pression sur les parlementaires. Pari réussi, hier, à Rennes, avec près de 10.000 personnes dans les rues.







Comme un grand champ de maïs dans les rues de Rennes.
Épi en papier en guise de chapeau,
plusieurs milliers de manifestants  ont défilé hier
- 5.000 selon la police, 15.000 selon les organisateurs -
contre le projet de loi sur les OGM.


 Le texte, déjà voté par les sénateurs, doit être discuté à partir de mardi par les députés.

Et au grand dam des anti-OGM, il prévoit la coexistence des cultures transgéniques avec l’agriculture traditionnelle.

« On tourne carrément le dos aux objectifs du Grenelle de l’environnement, dénonce Arnaud Apoteker de Greenpeace.

    Cette loi devrait garantir le droit de produire et de manger sans OGM : or on sait très bien qu’avec la dissémination, un champ bio qui se trouve à côté d’un champ OGM sera rapidement pollué ».

     Autre inquiétude pour les associations environnementales, le texte devrait entériner le seuil de tolérance de 0,9 % : en dessous de cette proportion d’OGM dans un produit le fabricant n’est pas tenu d’informer le consommateur de la présence d’organismes génétiquement modifiés. « Nous, nous voulons des produits sans OGM, ça veut dire pas du tout et non pas un petit peu ».

Frilosité des parlementaires

    Hier, les anti-OGM entendaient donc mettre la pression sur les parlementaires. Plus forte affluence de cette journée de mobilisation nationale, la manifestation rennaise - malgré la présence de Jean-Louis Tourenne, président du conseil général d’Ille-et-Vilaine, ou de Jean Gaubert, député PS de la circonscription de Dinan - n’efface pas, pour autant, la réalité du rapport de force à l’Assemblée. « Les sondages sont clairs : 70 à 80 % des consommateurs ne veulent pas des OGM, souligne François Dufour de la Confédération paysanne. Mais le lobbying est extrêmement fort de la part des semenciers comme de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) ». Sur le parvis de la gare, Daniel Piel, agriculteur et éleveur de porcs en Ille-et-Vilaine a installé un stand pour réconforter les manifestants. « Mes 400 saucisses sont parties en deux heures. Le bio, ça marche ! dit-il fièrement. Mais si demain notre voisin trouve avantage à planter des OGM, on risque de perdre notre label. Les OGM, on n’en veut pas du tout ».

Plus confiance dans les produits

    Venus de Paimpol (22) pour faire entendre leur voix, Frédéric et Élisabeth sont eux aussi inquiets. « Nous n’avons aucune idée de ce que peut provoquer la prolifération des OGM. Même Sarko a des doutes, c’est dire... sourit le couple. Aujourd’hui, on consomme bio parce qu’on n’a plus confiance dans ce qu’on achète ». Dans la foule, le public est surtout familial. Une poussette à la main, Christian Linares a fait la route depuis Berric, près de Vannes, où il est « paysan-boulanger ». « Globalement j’ai la chance de savoir ce que je mange : je fais mon pain, ma viande, mes légumes. Les OGM, c’est le reflet de notre société : ceux qui ont l’argent font ce qu’ils veulent de nos vies ». La balle est maintenant dans le camp des députés.

* Organismes génétiquement modifiés .

Alexandre Charrier



publié dans : INFOS
Dimanche 30 mars 2008

Le PEUPLE BRETON

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